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La séparation de fréquence expliquée

7 min. de lecture Date de publication

Si vous avez déjà passé un peu de temps à faire de la retouche de portrait, vous savez qu’un travail de la peau trop appuyé est le meilleur moyen de transformer votre sujet en un personnage de jeu vidéo de 2009. Une retouche de la peau maladroite ne pardonne pas. La solution n’est pas d’avoir la main plus légère, mais d’adopter une approche plus intelligente. La séparation de fréquence vous permet de travailler la texture et les tons indépendamment. Cela signifie que vous pouvez lisser un teint inégal ou irrégulier sans effacer par mégarde chaque pore ou chaque tache de rousseur qui rend le portrait vivant.

C’est l’une de ces techniques dont le nom semble plus complexe qu’elle ne l’est en réalité. Une fois que vous l’aurez utilisée quelques fois, vous vous demanderez comment vous avez pu vous en passer.

En quoi consiste réellement la séparation de fréquence

Chaque photographie contient deux types d’informations visuelles superposées : la texture (détails fins, pores, cheveux, grain du tissu) et les tons ou couleurs (taches cutanées, ombres, pigmentation irrégulière). Normalement, ces informations partagent les mêmes pixels, ce qui signifie que toute correction apportée à l’une affecte inévitablement l’autre.

La séparation de fréquence divise ces deux types d’informations sur des calques distincts. Le calque des hautes fréquences contient les détails fins. Le calque des basses fréquences contient les tons et les couleurs. Une fois séparés, vous pouvez traiter chacun d’eux indépendamment sans les dommages collatéraux habituels.

Dans Affinity, la séparation s’effectue automatiquement via le menu Filtres > Séparation de fréquence au sein du Studio Pixel. Techniquement, un filtre de flou est appliqué pour créer le calque des basses fréquences, tandis qu’un filtre Passe-haut réglé sur le mode de fusion Lumière linéaire gère le calque des hautes fréquences. Vous n’avez pas besoin de configurer tout cela manuellement.

Cette option est également disponible en tant qu’outil dans le Studio Composition, bien que ce studio soit masqué par défaut. Pour y accéder, ouvrez le Gestionnaire de studio et activez-le manuellement.

Un flux de travail de base pour la séparation de fréquence dans Affinity ressemble à ceci :

  1. Allez dans Filtres > Séparation de fréquence.
  2. Choisissez un rayon qui sépare les tons de la peau de sa texture sans pour autant lisser la structure du visage.
  3. Sélectionnez une méthode de flou : Gaussien pour la plupart des portraits, Médian ou Bilatéral pour un travail plus précis sur les contours.
  4. Retouchez les tons et les couleurs sur le calque des basses fréquences.
  5. Retouchez les pores, les cheveux, les imperfections et les problèmes de texture sur le calque des hautes fréquences.
  6. Gardez les calques de fréquences groupés pour que la retouche reste facile à vérifier, à masquer ou à supprimer.

Le curseur Rayon : l’erreur la plus fréquente

Lorsque la fenêtre Séparation de fréquence s’ouvre, le premier paramètre à régler est le curseur Rayon. Il contrôle le niveau de flou appliqué au calque des basses fréquences, ce qui détermine l’équilibre entre ce qui relève de la texture et ce qui relève des tons.

L’instinct pousse souvent à augmenter la valeur au maximum. Ne le faites pas. Un rayon trop élevé transfère trop de détails vers le calque des basses fréquences. Vous finissez par flouter des traits structurels comme l’arête du nez ou l’orbite des yeux, et la retouche qui en découle commence alors à paraître artificielle et étrange.

Réglez le rayon de manière à ce que l’aperçu des basses fréquences affiche des couleurs et des tons harmonieux et lissés, tout en conservant les traits principaux et les contours du visage. Vous devriez obtenir un résultat qui ressemble à une version légèrement vaporeuse et floue de l’image. Si cela ressemble à une peinture à l’aquarelle, réduisez la valeur.

Choisir votre méthode de flou

Affinity propose trois méthodes de flou pour le calque des basses fréquences. La plupart des retoucheurs utilisent le flou gaussien par défaut sans jamais changer d’avis, mais les deux autres options sont réellement utiles dans des situations précises.

Gaussien (par défaut) : un flou lissé et pondéré. Il fonctionne bien sur la plupart des portraits et constitue un point de départ sûr et fiable.

Médiane : élargit les zones de couleur et préserve mieux les contours que le flou gaussien. Utile lorsque votre sujet présente des traits nettement définis que vous ne voulez pas voir déborder sur les tons adjacents : mâchoires marquées, sourcils dessinés et autres éléments graphiques de ce type.

Bilatéral : préserve les bords à fort contraste tout en appliquant un flou à l’intérieur de ceux-ci. Lorsque vous sélectionnez Bilatéral, le curseur Tolérance devient disponible. Utilisez-le pour contrôler avec quelle précision les traits principaux sont préservés lorsque vous passez le pinceau dessus. Le rendu est plus lent, mais il en vaut la peine pour les portraits complexes et détaillés.

Il n’existe pas de méthode universellement parfaite. Essayez d’abord le flou gaussien, puis passez au flou bilatéral si vous constatez une perte de définition structurelle dans certaines zones difficiles.

Travailler sur le calque des basses fréquences

Une fois la séparation effectuée, le calque des basses fréquences devient votre espace de travail pour les couleurs et les tons. C’est ici que vous allez uniformiser le teint, réduire les rougeurs et atténuer les ombres sans toucher à la texture de la peau.

Les outils Densité moins et Flou sont vos meilleurs alliés à cette étape. Pour une retouche plus globale de la peau, le Pinceau de restauration donne également de bons résultats sur les pigmentations irrégulières. Il prélève les tons environnants et les fusionne de manière fluide. Comme vous travaillez sur un calque dépourvu de détails fins, vous pouvez vous permettre d’utiliser des brosses de grande taille à dureté élevée. Veillez simplement à garder une opacité modérée : accumuler les corrections progressivement est toujours plus propre qu’un seul passage trop marqué.

Les zones de tons clairs brûlées se traitent également ici. Prélevez une couleur de peau à proximité, puis peignez sur la zone écrêtée à l’aide du Pinceau réglé sur le mode de fusion Couleur plus sombre, avec un réglage de flux faible. C’est une correction simple qui serait bien plus laborieuse à réaliser sur un calque fusionné.

Un raccourci clavier utile : appuyez sur F pour basculer instantanément entre les calques de hautes et de basses fréquences. Pouvoir vérifier vos progrès en contexte, sans interrompre votre flux de travail, est l’un de ces petits détails qui accélèrent considérablement une session de retouche.

Le but n’est pas d’obtenir un teint parfaitement uniforme. Il s’agit de réduire les éléments perturbateurs tout en conservant les transitions naturelles qui rendent le visage réel.

Travailler sur le calque des hautes fréquences

Le calque des hautes fréquences regroupe tous les détails fins : les pores, les poils, les imperfections et les irrégularités de texture. Lorsque vous retouchez la texture de la peau ici, vous travaillez uniquement en surface, sans toucher aux tons sous-jacents, ce qui est précisément l’effet recherché pour traiter des boutons, des poils rebelles ou des problèmes de texture localisés.

L’outil Pinceau de clonage est l’outil à privilégier ici. Prélevez une texture de peau à proximité avec une orientation et une densité similaires, puis peignez sur la zone à corriger. Comme vous clonez uniquement de la texture et non un mélange de texture et de tons, le résultat s’intègre de manière presque invisible. On ne voit aucun de ces halos sombres ou clairs caractéristiques qui trahissent habituellement une retouche bâclée.

L’outil Suppression des défauts fonctionne également très bien sur le calque des hautes fréquences pour les boutons isolés et les petites imperfections. Pour tout ce qui est plus étendu ou complexe, le Pinceau de clonage vous offre un contrôle plus précis sur la source prélevée et son emplacement.

Les sélections et les masques fonctionnent aussi

Un point souvent négligé : les deux calques de fréquences se comportent comme des calques normaux. Vous pouvez appliquer des sélections, des masques et même des masques dynamiques sur l’un ou l’autre de ces calques, exactement comme vous le feriez ailleurs dans Affinity.

Cela ouvre de nombreuses options de retouche ciblée. Créez une sélection rapide autour d’une zone spécifique (le front, les joues ou le cerne) et limitez votre retouche à cette seule région. Utilisez un masque de calque pour faire apparaître ou disparaître progressivement une modification sur les bords. Vous pouvez aussi utiliser les outils de sélection pour isoler une dominante de couleur sur une partie du visage avant de traiter le calque des basses fréquences situé juste en dessous.

Considérer les calques de fréquences comme des zones isolées et figées est une erreur. Ce sont des calques classiques qui bénéficient de l’intégralité des outils disponibles.

Erreurs courantes en séparation de fréquence à éviter

Les erreurs surviennent généralement lorsque l’on pousse la technique trop loin ou que l’on travaille sur le mauvais calque.

  • Régler le rayon à une valeur si élevée que la structure du visage commence à devenir floue
  • Retoucher des problèmes de tons sur le calque des hautes fréquences
  • Cloner la texture d’une zone ayant une orientation ou une densité différente
  • Oublier d’activer et de désactiver le groupe pour vérifier si la retouche reste naturelle
  • Utiliser la séparation de fréquence pour corriger des problèmes qui seraient mieux résolus par l’éclairage, l’éclaircissement et l’assombrissement ou la correction colorimétrique

Quand la séparation de fréquence n’est pas le bon outil

La séparation de fréquence est idéale pour les portraits, la retouche de la peau et toute image où la texture de surface doit être préservée indépendamment des tons. Elle est moins utile, voire potentiellement contre-productive, dans d’autres contextes.

La photographie de produits, où l’uniformité et la fluidité des dégradés sont essentielles, répond souvent mieux à un éclaircissement et assombrissement classique sur des calques fusionnés. Les surfaces fortement texturées comme le tissu, la pierre ou le cuir peuvent se comporter de manière imprévisible si la séparation est appliquée avec un mauvais rayon. Enfin, les images présentant un bruit marqué ont tendance à intégrer ce bruit dans le calque des hautes fréquences, ce qui rend le travail propre plus difficile.

Toutefois, pour les portraits éditoriaux et le travail de beauté, elle reste l’une des techniques les plus précieuses de la boîte à outils de mofification.

Mettre en place un flux de travail non destructif

La meilleure approche d’un flux de travail en séparation de fréquence est de rester non destructif. Dans Affinity, le calque d’origine reste intact lorsque vous appliquez la séparation. Si vous avez besoin de revenir en arrière ou d’annuler une correction, la source est toujours là.

L’utilisation des outils de sélection avant de peindre sur l’un ou l’autre des calques vous permet également de limiter la zone d’impact de chaque correction. Si une zone corrigée sur le calque des hautes fréquences ne vous convient pas, la limite de votre sélection garantit que la modification n’a pas débordé sur des zones non souhaitées. C’est une méthode rigoureuse, mais qui devient rapide une fois qu’elle est entrée dans vos habitudes.

Prendre du recul

La séparation de fréquence n’est pas magique. Elle ne sauvera pas un portrait mal éclairé et ne donnera pas à une image terne l’aspect d’une prise de vue réalisée en studio. Ce qu’elle vous apporte, c’est une précision chirurgicale sur les deux types d’informations fondamentales d’une photographie, garantissant que vos décisions de retouche s’appliquent exactement là où vous le souhaitez.

Cette technique s’adapte à tout, des corrections commerciales rapides aux retouches de beauté les plus minutieuses. Que vous prépariez un portrait pour la mise en page d’un magazine ou que vous travailliez sur une double page éditoriale complète, comprendre ses mécanismes (rayon, méthode, comportement des calques) vous permet de prendre de véritables décisions plutôt que de manipuler des pixels au hasard en espérant que le résultat soit bon.

L’intégration de cette fonction dans Affinity supprime toute la configuration manuelle qui rendait auparavant la séparation de fréquence inaccessible. Réglez le rayon, choisissez la méthode de flou, et vous êtes prêt. Ce que vous ferez ensuite de ces calques ne dépend plus que de vous.



À propos de l’auteur

Mike est un photographe professionnel, créateur de contenu passionné et très engagé, ainsi qu’un formateur qui utilise la photographie pour documenter, enseigner et inspirer les autres. Il est passionné de technologie et utilise des outils de retouche modernes qui lui permettent de concevoir et de créer des résultats époustouflants.

Photographe et expert produit
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