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Photographie de portrait avec Lorenzo Morandi : photographier des personnes, pas des poses

7 min. de lecture Date de publication

Pour Lorenzo Morandi, photographe de portrait, réalisateur et auteur, les portraits les plus forts commencent bien avant le déclenchement. À travers son projet éditorial, YourStory, il construit depuis dix ans des relations avec des créatifs, des artistes et des penseurs, en utilisant la photographie pour explorer le lien entre ce qu’ils sont et ce qu’ils créent.

Dans cette interview, il explique comment le portrait a transformé sa carrière, revient sur la philosophie de YourStory, et montre comment Affinity l’accompagne à chaque étape de son travail photo, éditorial et vidéo, afin qu’il puisse rester concentré sur l’essentiel : les personnes face à son objectif.

Lorenzo, pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours créatif?

Je vis avec ma famille à la campagne, près d’Alessandria, en Italie, dans une maison qui est à la fois notre lieu de vie et un espace créatif dédié à la photographie. J’ai une formation en génie civil et en architecture. Comme beaucoup d’étudiants, je suis d’abord venu à la photographie par l’architecture, en l’utilisant pour observer, étudier et explorer des projets de design.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire carrière dans la photographie?

Après plusieurs années comme designer et chef de projet, je suis passé à la photographie professionnelle en 2016. Le vrai tournant a été ma découverte du portrait. Pour la première fois, j’explorais en profondeur la relation entre les personnes et l’espace. J’avais l’impression d’entrer dans un territoire créatif entièrement nouveau.

Peu après, j’ai aussi commencé à travailler la vidéo, avec la même approche directe, centrée sur le sujet, qui définit ma photographie de portrait.

Comment YourStory est-il né, et comment le projet a-t-il évolué?

YourStory est né en 2016, au fil d’une conversation avec ma femme, Sara, qui est elle aussi photographe. J’avais commencé à photographier des personnes sous forme de séquences d’images qui semblaient déjà raconter des histoires. Je me suis alors demandé pourquoi ne pas en faire un projet à part entière.

À l’époque, je ne me considérais pas encore vraiment comme photographe. J’ai donc choisi de publier ce travail sous le nom YourStory. Au fil des années, le projet est devenu une démarche éditoriale consacrée à la vie et au travail de créatifs, de designers, d’artistes et de penseurs dont les histoires personnelles sont indissociables de ce qu’ils créent.

Ce que j’aime le plus, c’est que ce projet vient d’un désir sincère d’entrer en relation avec les gens par la photographie. C’est un projet que je peux mener sans compromis, avec une liberté créative totale, et qui me fait rencontrer des personnes extraordinaires ainsi que de nouvelles collaborations. C’est aussi devenu une façon d’explorer des expériences que beaucoup de professionnels de la création partagent : le doute, la peur de prendre des risques, la difficulté de définir son identité, et les limites que l’on finit parfois par s’imposer à travers son propre style. Ce sont des choses que je reconnais toutes dans ma propre pratique.

Cette année marque le dixième anniversaire du projet avec la publication de YourStory : Dreamers and Makers, paru aux Éditions Lebled Soloviev. Distribué dans le monde entier, le livre réunit les personnes remarquables que j’ai photographiées à travers l’Europe. Il représente une étape importante de mon parcours créatif.

« La conversation et une curiosité sincère créent la confiance. Et c’est souvent là que naissent les portraits les plus forts. »

Lorenzo Morandi

Comment abordez-vous une séance de portrait classique?

La plupart de mes séances se déroulent dans l’environnement de travail de mes sujets. J’utilise la lumière naturelle dès que c’est possible, et je n’ajoute de lumière artificielle que lorsque c’est nécessaire. Chaque lieu est différent. Je prends donc le temps d’expérimenter jusqu’à trouver le dispositif qui semble le plus juste et le plus authentique.

En studio, je ne suis pas de formules d’éclairage préétablies. Chaque visage appelle sa propre lumière. Je préfère répondre intuitivement à la personne face à moi plutôt que d’appliquer une méthode universelle.

Quand je photographie quelqu’un, je ne cherche jamais des poses précises. Ce qui m’intéresse, ce sont les expressions spontanées, celles qui donnent l’impression d’avoir été saisies dans un instant suspendu. Parfois, cela passe par un regard direct. D’autres fois, par un regard détourné. Quelle que soit l’approche, c’est toujours la lumière qui donne au portrait son caractère.

Tout aussi important que la technique : créer une atmosphère dans laquelle les personnes se sentent à l’aise. La conversation et une curiosité sincère créent la confiance. Et c’est souvent là que naissent les portraits les plus forts.

« Disposer d’une application unique et légère, qui me permet de passer sans friction de la retouche d’image à la mise en page, est un vrai atout. »

Lorenzo Morandi

Qu’est-ce qui vous a d’abord attiré vers Affinity, et comment ces outils accompagnent-ils votre processus créatif?

Je crois beaucoup au minimalisme numérique et aux processus efficaces. J’aime les logiciels bien pensés, performants, qui font exactement ce dont j’ai besoin. Quand j’ai découvert Affinity, sa philosophie m’a tout de suite marqué : une vraie innovation dans un domaine longtemps dominé par Adobe. Disposer d’une application unique et légère, qui me permet de passer sans friction de la retouche d’image à la mise en page, est un vrai atout.

J’utilise Capture One pour gérer les gros projets RAW et la prise de vue connectée, puis je passe dans Affinity pour le reste de mon flux de travail. Pour le portrait, les outils essentiels sont ceux qui permettent des ajustements subtils et maîtrisés : la Séparation de fréquences, les réglages tonals et colorimétriques, ainsi que des outils de correction précis comme l’Outil Correcteur, le Pinceau de clonage et, ponctuellement, le Studio Liquéfier pour des retouches légères lorsque c’est nécessaire. Ils m’aident à affiner l’image sans jamais l’écraser.

Affinity m’est tout aussi précieux pour préparer et présenter mon travail. Je peux créer des modèles pour évaluer la relation entre les images, générer des aperçus PDF pour les clients, préparer des mises en page pour Instagram et développer des concepts de des livres de photographie avant de les présenter à des éditeurs. Tout le processus se retrouve ainsi réuni au même endroit.

Comment Capture One et Affinity s’articulent-ils dans votre flux de travail?

Affinity devient central dès que la phase d’acquisition RAW est terminée. Une fois les premiers ajustements réalisés dans Capture One, je passe dans Affinity pour gérer le reste de la post-production.

Capture One prend désormais en charge les fichiers .af, ce qui rend le processus encore plus fluide. Je peux envoyer des images de Capture One vers Affinity pour des retouches plus avancées, puis réintégrer les fichiers finalisés dans Capture One pour le catalogage, la livraison ou l’export par lots. Le passage entre les deux applications devient beaucoup plus souple et naturel.

Comment trouvez-vous l’équilibre entre retouche technique et respect du caractère de la personne photographiée?

J’aime le travail de post-production, et j’y consacre souvent de nombreuses heures. Plutôt que de chercher à rendre quelqu’un « parfait », je travaille les tons, le contraste et la couleur pour créer une image sincère, tout en préservant la singularité de la personne.

Trouver l’équilibre entre maîtrise technique et authenticité est essentiel. Je ne cherche jamais à transformer la personne photographiée ni à effacer son caractère. Pour moi, la retouche consiste à respecter l’individu tout en renforçant le pouvoir expressif de la lumière, des tons et de l’atmosphère, afin de préserver ce qui rend chaque portrait fidèle à la personne face à l’appareil.

Comment Affinity s’intègre-t-il à votre processus vidéo avec Final Cut Pro?

Grâce à mon solide parcours en design graphique, j’aime créer moi-même tous les éléments visuels de mes productions. Les outils vectoriels et de mise en page d’Affinity me permettent de travailler avec précision sur les grilles, les marges et la typographie lorsque je conçois des titres, des sous-titres, des infographies, des génériques de fin et d’autres éléments graphiques à l’écran.

J’exporte ces éléments en PNG sur fond transparent, puis je les place directement dans Final Cut Pro. Si une mise à jour est nécessaire, je fais simplement les modifications dans Affinity, je réexporte les fichiers, et ils remplacent automatiquement les versions précédentes dans la timeline tout en conservant leur durée et leurs effets.

C’est un processus très direct, qui me donne pourtant un contrôle précis sur chaque élément graphique. Je peux aussi tout exporter dans un seul PDF de validation, ce qui facilite le partage des concepts avec les clients et collaborateurs avant la production.

« Réduisez le nombre d’outils dont vous dépendez jusqu’à ce que le logiciel s’efface presque, pour vous permettre de vous concentrer entièrement sur le travail lui-même. C’est là que la créativité circule le plus naturellement. »

Lorenzo Morandi

Vous avez travaillé avec de nombreux outils créatifs au fil des années. Qu’est-ce qui compte le plus pour vous aujourd’hui dans un logiciel créatif?

Je recherche la simplicité, la performance et l’immédiateté : pouvoir me mettre au travail sans friction, même quand le temps manque ou que le studio est loin. Dans ces moments-là, chaque seconde compte. Un outil qui accompagne discrètement le processus créatif, au lieu de réclamer de l’attention, devient essentiel.

Affinity réunit photographie, design et publication dans un même environnement créatif, ce qui permet aux idées de passer librement d’une étape à l’autre. Que je prépare une présentation client, développe un concept de livre ou crée des éléments graphiques pour un film, je peux rester concentré sur le travail plutôt que sur le logiciel.

Quel conseil donneriez-vous aux photographes et réalisateurs qui veulent construire un processus créatif plus durable?

N’ayez pas peur de simplifier. Réduisez le nombre d’outils dont vous dépendez jusqu’à ce que le logiciel s’efface presque, pour vous permettre de vous concentrer entièrement sur le travail lui-même. C’est là que la créativité circule le plus naturellement.

Affinity rend cette approche beaucoup plus simple en réunissant retouche photo, design et publication au même endroit. Pour les photographes et les réalisateurs, cela offre la souplesse nécessaire pour construire un processus créatif efficace, sans barrières inutiles, où les idées peuvent avancer librement de la prise de vue jusqu’à la présentation finale.



Pour découvrir d’autres photos de Lorenzo, rendez-vous sur son site Web, lorenzomorandi.com, et suivez-le sur Instagram @lorenzomorandi.it.

Pour plonger dans les histoires qui se cachent derrière ses portraits, découvrez son projet éditorial, YourStory, et suivez-le sur Instagram @yourstory.it.

L’approche de Lorenzo vous inspire? Découvrez d’autres tutoriels photo, interviews d’artistes et techniques de retouche.

À propos de l’auteur

Mike est un photographe professionnel, créateur de contenu passionné et très engagé, ainsi qu’un formateur qui utilise la photographie pour documenter, enseigner et inspirer les autres. Il est passionné de technologie et utilise des outils de retouche modernes qui lui permettent de concevoir et de créer des résultats époustouflants.

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